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Décembre 2014 - n°115

EUROPE

EUROPE

Ces 17 et 18 novembre, Rome accueillait une grande conférence autour de l’économie sociale. Organisée dans le cadre de la présidence italienne du Conseil de l’Union européenne, cette conférence fut précédée d’une consultation publique qui a permis, sur base de nombreuses contributions, de définir 10 groupes de travail. Plus de 600 personnes ont participé à l’évènement : acteurs de terrain, experts, politiques, etc.

La déclaration qui clôture la conférence constitue un pas de plus vers une politique de soutien et de développement de l’économie sociale au sein de l’Union Européenne. Elle réaffirme en effet l’importance et le rôle de l’économie sociale et donne les points d’une stratégie d’action. Neuf enjeux spécifiques y sont pointés. Le premier est l’identification claire des interlocuteurs de l’économie sociale au sein des institutions européennes et notamment, la reconduction de l’intergroupe « Economie sociale ». Il s’agit là d’un souhait exprimé par de nombreux acteurs de l’économie sociale dont la fédération Social Economy Europe qui se réjouit de voir ce point apparaitre dans la déclaration.

Une autre recommandation concerne le programme d’investissement annoncé par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Il devrait, selon la déclaration, cibler non seulement les infrastructures mais aussi les investissements sociaux réalisés par des entreprises sociales, dans la même proportion que celle adoptée pour les Fonds structurels.

Le texte pointe également la nécessité d’améliorer les outils et possibilités de financement accessibles aux entreprises sociales : création de fonds mutualistes par les entreprises sociales, fonds de garantie dédiés pour augmenter les prêts et les prises de participation, sensibilisation des banques traditionnelles pour une meilleure évaluation des risques liés aux prêts à des entreprises sociales, etc.

Enfin, les acteurs de l’économie sociale sont invités, eux-aussi, à améliorer ou développer certaines pratiques. Notamment pour augmenter le sentiment d’appartenance à l’économie sociale, pour favoriser l’intégration des femmes et des jeunes au sein de leurs entreprises, pour favoriser les processus d’innovation et d’expérimentation ou encore pour développer une réelle culture de l’évaluation en développant des indicateurs et des méthodologies adaptés à leurs réalités.

Plus d’infos : La déclaration de Rome est téléchargeable (en anglais) sur le site de la conférence

IMPULCERA

Lancé en 2008, l’appel à projets ImpulCera a soutenu pendant 6 ans le développement de l’entrepreneuriat social en Wallonie et à Bruxelles à travers l’octroi de bourses et l’organisation d’évènements de sensibilisation. Ce 19 novembre se tenait l’évènement de clôture qui a permis de revenir sur les résultats de ce projet ambitieux soutenu par la coopérative Cera, le ministre wallon de l’Economie - par l’intermédiaire de l’Agence de Stimulation Economique – et le ministre bruxellois de l’Economie et de l’Emploi.

En 12 sessions d’appel à candidatures, ce sont plus de 500 dossiers d’inscription qui ont été introduits et près de 250 présentés au jury. 59 lauréats ont reçu un financement pour étudier la faisabilité de leur projet d’entreprise. 15 bourses de lancement ont été décernées et ont contribué à la création de vingt entreprises. Au total, près de 420.000 euros ont été octroyés à des porteurs ayant l’ambition de créer, au travers de leur entreprise, une plus-value sociale et économique. Une dizaine de porteurs ont pu également, grâce à l’accompagnement, se rendre compte que leur projet n’était pas viable et éviter un échec. Les vingt entreprises créées (ou en passe de l’être) sont actives dans des secteurs très diversifiés : coursier à vélo, centre de jour pour personnes handicapées, logement pour jeunes souffrant de troubles cognitifs, lutte contre la fracture numérique, services pour séniors, alimentation saine, production de vin, éco-habitats groupés intergénérationnels, etc.

La dernière session qui s’est tenue le 7 novembre a permis d’octroyer deux nouvelles bourses de lancement. L’une à une future fiduciaire d’économie sociale – Graines de compta – et l’autre au projet « Les petits mondes » qui envisage de créer une coopérative autour du concept de permaculture. Concrètement, cette coopérative créera, gèrera et implémentera des organisations autonomes (entrepreneuriales, associatives, privées,…) et des paysages écologiques (potagers, jardins, exploitations, écocentres,…), adaptés au milieu et à leurs habitants.

A pointer enfin l’évaluation qui a été réalisée par Frédéric Dufays, doctorant au Centre d’économie sociale, auprès des candidats ImpulCera des 10 premières sessions. Celle-ci a permis de mieux cerner le profil des entrepreneurs sociaux, leurs motivations à entreprendre, leurs attentes vis-à-vis d’un appel à projets tel qu’ImpulCera, etc. Elle a notamment mis en évidence le fait que les entrepreneurs sociaux sont plus féminins (50% des candidats contre seulement 30% dans des programmes de soutien à l’entrepreneuriat « classique »), plus collectifs (70% entreprennent en équipe) et relativement âgés. Cette dernière caractéristique est sans doute liée à la nécessité de disposer d’une certaine expérience et d’un certain capital pour se lancer dans l’aventure de l’économie sociale.

Plus d’infos : Divers documents et des photos de l’évènement sont disponibles sur le site de SAW-B

DISTINCTION

Ho Chul Chantraine, fondateur de la coopérative Agricovert, a reçu, début novembre, le 10e prix de la citoyenneté de la Fondation P&V. Celui-ci récompense « des personnes qui œuvrent pour une société de citoyens actifs et engagés et qui contribuent à la construction d’une société juste, tolérante et respectueuse de chacun ».

Un prix bien mérité pour cet entrepreneur social toujours en pleine ébullition et qu’il a voulu dédier à toute l’équipe d’Agricovert. La mission première de cette coopérative est de soutenir et de développer une agriculture écologique et locale. Pour ce faire, elle rassemble des agriculteurs biologiques issus de la région de Gembloux et du Brabant-wallon (25 à l’heure actuelle) et propose la vente de leurs produits via la confection de paniers de fruits et légumes. D’autres produits (colis de viande, œufs, produits laitiers, tartinades, etc.) sont également livrés, avec les paniers, une fois par semaine dans les 32 dépôts wallons et les 27 bruxellois. Un des intérêts majeurs de cette initiative est de renouer les liens entre les producteurs et les consommateurs à travers notamment la vie de l’entreprise puisque tant les agriculteurs qui fournissent les produits que les clients peuvent en devenir coopérateurs. Au travers de l’activité de distribution, c’est aussi un travail de réinsertion que réalise Agricovert. Elle favorise en effet la création d’emplois pour des personnes peu qualifiées, au travers notamment de contrats conclus avec les CPAS.

Née en 2011, ce projet ne cesse de se développer. Après avoir ouvert un comptoir de vente à Gembloux, ils viennent d’acheter les locaux qu’ils occupent pour y développer de nouveaux projets et, tout récemment, d’ouvrir un service de petite restauration. Soupes, lasagnes, tartinades et autres plats réalisés à partir des produits des agriculteurs coopérateurs peuvent être maintenant dégustés sur place ou à emporter.

Plus d’infos : Site d’Agricovert - Site de la Fondation P&V

Une newsletter publiée par SAW-B avec le soutien de la Wallonie