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Septembre 2018 - n°150

Actu des entreprises

Hesbenergie

Première voiture électrique partagée à Ans

La coopérative citoyenne de production d’énergie renouvelable HesbEnergie s’essaie au partage de voiture électrique en mettant à disposition de ses coopérateurs une Renault Zoe dans la commune d’Ans. Une démarche qui s’inscrit dans une large réflexion autour de solutions de mobilité douce.

En l’occurrence, le partage d’une voiture, qui plus est électrique, constitue avant tout une plus-value environnementale. En moyenne, une voiture ne serait utilisée que 5 % du temps, ce qui pose question sur le nombre de véhicules présents sur notre territoire et sur l’espace qu’ils occupent, notamment en matière de stationnement. Aussi, le partage permet de faire des économies appréciables au sein d’un ménage, puisque ce poste de dépense lui revient environ à 6000 € par an, en comptant les assurances, taxes et autre location de garage.

Pour bénéficier d’un logiciel de gestion et d’un module d’ouverture des portes testé et approuvé, la coopérative est en partenariat avec Partago, une autre coopérative citoyenne qui gère un parc de plusieurs voitures électriques à Gand.

A noter qu’un deuxième véhicule sera bientôt disponible à Ottignies-Louvain-La-Neuve, et que le réseau s’étendra petit à petit en fonction du succès de la formule retenue. Une vision durable de l’économie partagée qui offre une alternative alléchante aux entreprises d’économie classique telles que Cambio ou Zipcar. Gageons que la demande soit à la hauteur de l’offre !

Retrouvez toutes les conditions d’utilisation et tarifs d’HesbEnergie et Partago ici et ici.

Anniversaire

Le Prix de l’ES fête ses 25 ans

Cela fait déjà 25 ans que le Prix de l’Economie sociale récompense des entreprises sociales innovantes et inspirantes. Initialement baptisé « Prix Roger Vanthournout », en hommage au prêtre ouvrier actif dans les quartiers pauvres de Charleroi et précurseur des entreprises de formation par le travail au début des années 80, le Prix de l’Économie sociale a depuis récompensé plus de 50 entreprises d’économie sociale, dessinant un joli panorama de la diversité et de la richesse de leurs activités.

Pour célébrer cet anniversaire, un feuillet lui a été réservé dans le nouveau numéro d’Imagine Demain le Monde (N°129 – septembre & octobre), que nous vous invitons vivement à découvrir en téléchargement. Vous y trouverez un édito des plus inspirants, une analyse par Sybille Mertens de l’évolution et des enjeux futurs du secteur, les dates-clés du Prix, quatre portraits d’anciens lauréats. À noter que des portraits des lauréats de la présente édition seront également à découvrir dans les prochains numéros d’Imagine.

Enfin, rappelons pour les plus distraits d’entre-nous que cette année, le Prix de l’Économie Sociale est organisé conjointement avec les Chantiers de l’économie sociale qui se tiendront le 12 octobre à Monceau-Fontaines. Y seront donc décernés les quatre prix Entreprises d’une valeur unitaire de 5000 €, le prix édition d’une valeur de 1000 €.

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 septembre 2018 pour les prix Entreprises et pour le prix Edition.

Plus d’infos : site internet. Personne de contact : Gregory Dubois – 04 227 58 89. Mail : info@prixdeleconomiesociale.be

Casiers solidaires et logements modulaires

Deux innovations au service des personnes sans-abris

A Bruxelles, le manque de logement devient toujours plus criant, avec presque deux fois plus de personnes vivant à la rue en quatre ans. Le Collectif 400 Toits lutte contre le sans-abrisme et inaugure une solution innovante, à la croisée de la rénovation urbaine et de l’inclusion sociale. Il s’agit de poser des logements modulaires et déplaçables, sur des terrains inoccupés (anciens sites industriels, jardins ou dents creuses en attente d’un projet immobilier). Autrement dit, créer du logement tout en commençant à revitaliser des zones qui représentent sinon des espaces morts, sources d’insécurité et d’un sentiment d’abandon.

Aujourd’hui, trois types de logements modulaires ont été développés et sont dès à présent livrables. Pour faire connaitre ces nouvelles solutions, deux d’entre eux sont à voir et visiter temporairement sur le site de Bridgecity (un terrain en friche appartenant à citydev.brussels à Schaerbeek). Le but est d’ensuite développer largement l’initiative, dans des lieux plus pérennes.

Pour mener à bien ce projet, le Collectif 400 Toits s’appuie sur un partenariat avec citydev.brussels (organisme en charge du développement urbain de la Région de Bruxelles-Capitale) et collabore notamment avec la coopérative wallonne EcoLodge qui a conçu et développé le Wald-Cube.

A Liège, les entreprises sociales (notamment le Groupe Terre) proposent une autre innovation au service des personnes sans-abris : douze casiers solidaires auxquels confier leurs effets personnels (sac, couverture, matelas, nourriture, …). Une solution aux multiples avantages : pour les personnes sans-abris, plus de sécurité et de disponibilité par exemple pour entreprendre des démarches, un accompagnement social qui dès lors sera plus efficace, sans oublier une ville plus propre et plus sécure. A terme, le partenariat avec la Ville de Liège est appelé à s’étendre pour qu’au total, une soixantaine de casiers soient installés.

Plus d’infos : https://400toits-daken.com/ - site de la Ville de Liege

GREENSCOP

Une entreprise partagée pour booster les circuits courts !

Si la demande d’une alimentation durable va crescendo à Bruxelles, l’offre locale ne suit pas tout à fait le rythme. Désireuse de lui donner un solide coup de pouce, l’entreprise partagée Greenscop serait une partie de la solution : assurer un cadre sécurisant aux entrepreneurs de l’alimentation durable, de manière à ce qu’ils puissent se renforcer mutuellement et développer leurs activités en toute sérénité. Concrètement, au sein de la coopérative, chacun exerce son métier de façon autonome, tout en bénéficiant du statut d’entrepreneur salarié.

En l’occurrence, Into the Spoon, cuisine des petits pots bio pour les bébés ; les Coopains de la Boulangerie recréent du pain artisanal ; Commune Racine développe une filière complète de maraichage tandis que l’épicerie zéro déchet Small is Beautiful enrichit sa gamme avec des conserves. Ensemble, ils s’apprêtent à mutualiser des services tels que la gestion administrative et comptable, la trésorerie, la communication. Ils vont investir dans du matériel commun et un atelier de transformation partagé, dans le but de faire des économies d’échelle.

Pour l’instant, le projet compte déjà 25 personnes membres de ces quatre collectifs, qui ont œuvré à sa conception. Ils ont collaboré avec SAW-B, SMart, le Début des Haricots, Crédal, Boeren Bruxelles Paysans et Coopcity. À partir du printemps, la coopérative sera fondée et l’atelier de transformation partagé ouvrira ses portes à d’autres entrepreneurs bruxellois. À moyen terme, l’ambition est de développer un deuxième Greenscop en Wallonie, axé cette fois sur le maraichage.

Plus d’infos : site de SAW-B

Action « Scène de crime »

Sensibilisation au bon usage des bulles à textiles

Organisée par la cellule « Wallonie Plus Propre » en collaboration avec les collecteurs Oxfam, Les Petits Riens et Terre associés au label Solid’R, la campagne wallonne « Scène de crime » entend sensibiliser le grand public à une bonne utilisation des bulles à textiles. Pour ce faire, elle reprend avec originalité les codes visuels d’une enquête policière : « les bulles textiles victimes de criminels, votre commune mène l’enquête ». Outre un spot radio diffusé sur Vivacité et une bande annonce digne d’une série Netflix, des reproductions de scènes de crime ont été mises en place autour de 43 bulles à textiles situées dans 4 communes. Si le message est avant tout un appel à la responsabilité personnelle de chacun, les communes mèneront également des actions de répression accrues, tout dépôt clandestin étant passible d’une amende de 350€.

À l’origine, la campagne part du constat préoccupant que près de 15% de déchets indésirables sont déversés dans les bulles à textiles, allant de tontes de pelouses à des bouteilles cassées et bien d’autres résidus en tout genre, sans parler des innombrables déchets abandonnés autour des bulles. Étant donné que 36 000 tonnes de textiles sont collectées chaque année en Wallonie et à Bruxelles via un réseau de plus de 4100 bulles, on imagine rapidement les quantités de déchets astronomiques que cela représente. Un surcoût annuel inacceptable de 700 000€ que doivent pourtant supporter les 14 opérateurs du réseau, qui disposent dès lors de moins de moyens pour réaliser leurs actions sociales que sont la réinsertion professionnelle, l’aide aux personnes sans domicile ou encore la coopération Nord-Sud. Une plus-value environnementale, économique et sociale essentielle à la cohésion sociale.

Pour information, 85% des vêtements collectés sont revalorisés, soit en étant revendus en seconde main (5 %), soit en prenant le chemin de l’export (55 %), ou enfin en étant recyclés en chiffons d’essuyage ou en nouveaux textiles (25%). Le reste (15%) étant incinéré avec récupération de chaleur. Les vêtements déposés dans les bulles doivent être en bon état, propres, secs et dans un sac bien fermé.

Plus d’infos : www.walloniepluspropre.be et www.solidr.be

MEDISPRING - TOPAZ

Le corps médical se réapproprie son outil de travail

Alors que le nombre de fournisseurs de logiciels médicaux est passé en 10 ans de 60 à 7, les acteurs de la santé s’organisent et résistent collectivement.

En février dernier, des médecins généralistes et spécialistes apprennent que leur logiciel informatique a été racheté par un concurrent, dans le but de le retirer du marché et d’imposer sa propre loi. Contrariés de dépendre du destin de leur fournisseur, une centaine d’entre eux décident de s’unir pour se réapproprier leur outil de travail. C’est ainsi que nait la coopérative médicale et paramédicale Médispring le 21 mars 2018. Construit sur base d’un logiciel déjà labellisé et accessible en opensource, le DMI (dossier médical informatisé) fera ses débuts en version « test » dès le mois d’octobre 2018, dans le but d’être opérationnel au mois de novembre. À l’heure actuelle, la coopérative a déjà rassemblé 550 collaborateurs. Son objectif de 675 coopérateurs est donc déjà quasiment atteint.

Grâce au statut de coopérative, les coopérateurs de Médispring sont assurés que le logiciel ne se fera pas racheter par un concurrent. Aussi, l’aspect collaboratif et mobilisateur du projet devrait leur permettre de faire évoluer leur outil de travail en accord avec leurs besoins, libérés de toute dépendance avec un fournisseur. Un projet collaboratif inspirant unique en son genre, qui démontre la capacité de résilience d’un collectif !

D’autres acteurs associatifs de la santé sont dans une démarche similaire et veulent aller plus loin que les médecins de Medispring. la Fédération des maisons médicales, de Médecins du Monde et de la Fédération laïque des centres de planning familial (FLCPF) créent Topaz. Ce programme est en open source et sans propriétaire. Il se conçoit comme transdisciplinaire, au service de la collaboration entre les professionnels du secteur médical, paramédical et social. Autrement dit, il permettra au personnel médical et paramédical (médecin, psychologue, kiné, ergo…) de suivre l’évolution d’un patient. Ce dernier a une vraie place au sein du programme Topaz et est responsable de déterminer à qui il donne accès à ses informations.

LE BON GRAIN

Un nouvel espace dédié à l’économie sociale à Sambreville

Le début des travaux de rénovation du bâtiment « Le Bon Grain » est imminent sur le site d’économie sociale « Contre vents et marées », à Sambreville. Construits au début du 20e siècle, les quatre bâtiments du complexe d’une surface totale de 2500 m2 ont été initialement occupés par la boulangerie industrielle le « Bon Pain ». Cette dernière a fait faillite en 1979 et a été reprise par la Société Anonyme « le Bon Grain », qui a cessé toute activité sur le site en 1991. En 1997, une partie a été cédée à un prêtre de la région pour y développer des activités de solidarité en faveur des publics défavorisés. Dans le courant des années 2000, les ASBL Quelque chose à faire et Brillo se sont attelées à la rénovation progressive des trois bâtiments « Le Moulin », « Le Garage » et « La Conciergerie », qu’elles occupent aujourd’hui en compagnie d’autres entreprises d’économie sociale (Rebbus, La Trottinette, Gabs, Les Compagnons dépanneurs). Autrement dit, il ne restait donc plus qu’à rénover le quatrième et dernier bâtiment, « Le Bon Grain », d’une surface conséquente de 1300 m2.

Grâce aux fonds européens Feder (2007-2013), une première phase de mise « hors-eau » a déjà été réalisée. La deuxième phase des travaux, qui concerne les aménagements intérieurs et qui est également financée par les fonds européens Feder (2014-2020), devrait à présent débuter. Il est en effet prévu que l’espace soit mis à disposition d’entreprises d’économie sociale aux alentours de l’été 2019. Au total, les fonds européens ont permis de financer le projet à hauteur de 3,12 millions d’€ (2x 1,56 mio d’€). Les opérateurs (l’ASBL Contre Vents et marées et la commune de Sambreville) ont quant à eux mis 10 % de fonds propres dans la balance.

Grâce à ce financement conjoint, près de 85 % du bâtiment seront rénovés dès l’année prochaine. Son rez-de-chaussée sera consacré à des ateliers, une salle polyvalente et un restaurant social, tandis qu’aux niveaux supérieurs, il est prévu de réserver l’espace à des bureaux et autres salles de réunion. Parmi les activités qui donneront vie au lieu, l’ASBL Brillo devrait animer un atelier mécanique et un service de reconditionnement de batteries de vélos électriques. En association avec la jeune coopérative AteliersVélo.coop, un service de leasing de vélos électriques est également envisagé, pour offrir une mobilité douce aux quelque 100 personnes qui travailleront dans le bâtiment.

Plus d’infos : site internet de l’ASBL Contre Vents et Marées, en charge de la gestion du site.

Ateliers de demain 

Des solutions communes pour répondre aux défis de la Transition

Avec le projet Wallonie#Demain (porté par Inter Environnement Wallonie, Be Planet et le Réseau Transition), plus de 60 acteurs wallons de la Transition se sont réunis pour imaginer des réponses collectives à leurs défis communs. Premier défi, et non des moindres : les modèles de financement pour déployer la Transition.

Ensemble, ils ont dégagé 16 propositions et choisi d’en approfondir cinq lors d’une prochaine session de travail ce 20 septembre. Il s’agit de la Transition Academy (programme de formation et d’accompagnement sous la forme de coaching à destination des acteurs de la Transition ou d’autres acteurs), Smart Transition (dispositif permettant de partager des ressources communes que ce soit pour la recherche de financement ou pour répondre à des fonctions supports communes (RH, compta, admin, IT, communication,…)), une grande campagne médiatique de levée de fonds, Transition on Tour (événement qui vise à cartographier, visiter et mettre en avant un grand nombre d’initiatives de Transition en Belgique francophone) et enfin, Ecosystème Ville (recréation d’écosystèmes économiques autour des villes, avec une économie circulaire).

Invitation lancée à celles et ceux qui veulent co-construire la concrétisation de ces cinq pistes ! Un rendez-vous est fixé le 20 septembre et une agora en ligne est aussi disponible.

Plus d’infos : Résumé du premier AtelierPrésentation des 16 pistesEspace Agora – Deuxième Atelier de demain : le 20 septembre 2018 de 9h à 17h30 à Louvain-la-Neuve, programme et inscription en ligne avant le 15 septembre

Appel à contribution

Questionnaire « Pave the Way to a social entrepreneurship »

Le projet « Pave the Way to a social entrepreneuship » s’inscrit dans la volonté de l’Union Européenne de renforcer l’esprit d’entreprise en Europe en favorisant notamment les formes d’entrepreneuriat solidaire. Étalé sur une période de deux ans, le projet vise à acquérir une vision transversale des pratiques innovantes dans le domaine de l’innovation sociale, dans le but de créer un canevas d’entreprise modèle destiné à orienter des projets naissants. Visant les adultes peu qualifiés, ce dernier alimentera une plate-forme en ligne d’apprentissage, qui mettra à disposition toute une série d’informations relatives aux spécificités de chaque poste dans une entreprise, à la façon de structurer son travail ou encore à l’anticipation de risques liés au type d’activité choisi.

Dans le cadre de la première phase de récolte d’informations, nous vous invitons à remplir ce questionnaire de 14 questions à choix multiple, destiné aux entreprises sociales.

Personnes de contact : Tommaso.grimaldi@acfi.be ou bien cecedbe@gmail.com.

Partenariat QCAF Relogeas 

14 logements à l’école du Louvy

Coopération, persévérance, ingéniosité, tels pourraient être quelques mots-clés pour décrire l’ambitieux projet de Relogeas et Quelque Chose à Faire (QCAF). Cet été, l’inauguration du dernier logement clôture la transformation d’une ancienne école primaire désaffectée un lieu d’habitat et de convivialité à Gilly, place du Louvy.

L’aventure a commencé voici près de 20 ans et aujourd’hui, ce sont 14 ménages aux moyens limités qui vivent dans ces logements entièrement rénovés avec des techniques de pointe en éco-construction ! La collaboration entre les deux ASBL porteuses du projet a démultiplié l’impact social. Durant la rénovation, l’entreprise de formation QCAF a organisé 70 000 heures de formation avec des adultes sans emploi et qualification. Les habitants (familles monoparentales, personnes handicapées, sans emploi, …) sont accompagnés par Relogeas, opérateur immobilier à finalité sociale. Enfin, une attention a aussi été portée au quartier et à sa revitalisation : l’ancienne chapelle adossée à l’école est devenue un lieu de rencontre et de convivialité à disposition des locataires et du quartier.

Il a fallu beaucoup de patience, d’ingéniosité et de ténacité pour permettre à ce projet d’aboutir au cœur même d’un quartier de vie. En effet, en plus de multiplier les subsides publics, les deux ASBL ont dû solliciter de nombreux soutiens privés, tout en investissant elles aussi (QCAF a acheté une partie des bâtiments).

Plus d’infos : reportage par Télésambrewww.qcaf.bewww.relogeas.be

Une newsletter publiée par SAW-B avec le soutien de la Wallonie