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Mars 2014 - n°107

Actu des entreprises

EUROPE

Promouvoir l’économie sociale au sein de l’UE

Les élections européennes à venir sont une bonne opportunité pour promouvoir l’économie sociale à l’échelon de l’Union. L’économie sociale en Europe, ce sont 2 millions d’entreprises. Elle fournit des emplois à plus de 14,5 millions d’européens et représente environ, 6,5 % de la population active. Ce qui représente entre 9 et 15 % de la population active dans des pays comme la Belgique, l’Italie, la France ou l’Espagne.

Dans un contexte économique et social marqué par la crise, l’économie sociale a un impact positif sur la société et propose des solutions innovantes en faveur de l’inclusion et de la cohésion sociale, de la création d’emploi, de l’esprit d’entreprise ou de la participation citoyenne.

Fort de ce constat, Social Economy Europe (SEE) publie son mémorandum pour encourager les parties prenantes politiques à soutenir la création d’un environnement favorable pour l’économie sociale. SEE considère que la crise trouve son origine dans le problème de gouvernance et dans la priorité accordée aux objectifs strictement économiques. La dimension humaine a été trop longtemps négligée, et il est désormais impératif de revoir le modèle. L’économie sociale peut en effet jouer un rôle important dans la mise en œuvre des politiques européennes pour corriger les inégalités et les déséquilibres grâce à son organisation fondée sur la démocratie, le partage équitable des richesses et le réinvestissement des bénéfices au service de la collectivité.
SEE souhaite que les institutions européennes mettent en place d’un département transversal chargé des questions d’économie sociale au sein de la Commission Européenne. La coupole demande une feuille de route commune pour des statuts européens pour les fondations, les mutuelles et les associations ou encore un plan d’action européen de développement des entreprises sociales.

Une attention particulière est pour l’instant accordée à la mesure de l’impact des entreprises sociales. Bien qu’il s’agisse d’une avancée en termes de reconnaissance de l’économie sociale, SEE met en avant le risque de banalisation des entreprises sociales. De plus, existe le danger de n’être focalisé que sur l’analyse quantitative. SEE invite donc les institutions à s’assurer qu’une méthodologie appropriée soit construite avec les acteurs pour mesurer l’impact social.

Autre élément clé, la question des services sociaux d’intérêt général tels que les services médico-sociaux, la réintégration au marché du travail, , les services de proximité, l’éducation, la formation, le logement, etc. Ces services, souvent développés et fournis par des acteurs de l’économie sociale, sont au cœur du modèle social européen. SEE dénonce la tendance à promouvoir le court terme dans les politiques sociales et le fait de ne les considérer que sous l’angle des dépenses. SEE rappelle que les bénéfices sociaux et l’intérêt public doivent demeurer prioritaires par rapport à la logique de profit et qu’il est indispensable de garantir un cadre incluant des financements adaptés aux services sociaux d’intérêt général, en particulier en temps de crise.

Plus d’infos  : Social Economy Europe – Courriel : contact@socialeconomy.eu.org – Site : http://www.socialeconomy.eu.org - Pour accéder au mémorandum

COOPERATIVES

Ces entreprises qui résistent à la crise

En cette période de crise économique, des coopératives résistent à la tempête ! Moins touchées par les licenciements que d’autres entreprises, elles ont, bien souvent, stabilisé leurs effectifs, quand elles n’ont pas créé de nouveaux emplois. En ces temps d’instabilité et de concurrence exacerbée, il est crucial de rappeler que le modèle coopératif représente une réelle alternative au système économique classique.

Issue du mouvement coopératif, les coopératives sont des sociétés dont les membres travaillent selon des objectifs communs, partageant des valeurs de responsabilité, de transparence et de solidarité. Elles sont centrées sur l’humain, sur le service qu’elles apportent à leurs membres, et non exclusivement sur le profit. Avec des décideurs implantés localement, les coopératives sont ancrées dans leur territoire, sans rachat ni délocalisation possible. De par leur mode de gouvernance démocratique qui répartit les résultats de l’entreprise de manière équitable, elles redonnent du sens au travail de chacun.

Parmi elles, 3 entreprises en croissance qui ont décidé d’entreprendre autrement. La première, NewB, ambitionne de devenir un modèle pour les banques du 21ème siècle : des banques coopératives, participatives, responsables sur le plan social et écologique, et qui apportent une dynamique aux économies locales. Née en 2013, la coopérative compte aujourd’hui plus de 45.500 coopérateurs et vient de lancer une nouvelle campagne de souscription pour mener à bien son projet. Forte d’un réel soutien populaire, la banque souhaite démarrer ses activités dans le courant de l’année 2015.

Vin de Liège a vu le jour en décembre 2010. La coopérative a réimplanté un vignoble en région liégeoise, où elle produit des vins bio de qualité et respectueux de l’environnement. Elle vient de boucler sa phase de souscription au capital et a récolté assez de capital pour démarrer la construction d’un chai de 1.000 m² à Heure-le-Romain, juste à côté des vignes. Les premières bouteilles seront disponibles pour les coopérateurs au printemps 2014. Le grand public devra quant à lui patienter jusqu’au mois de décembre prochain, date à laquelle les premières bouteilles de mousseux seront commercialisées.

Enfin, Café Chorti est une coopérative internationale, fruit d’une collaboration entre petits producteurs du Guatemala et un distributeur belge. Pour ces producteurs, le fonctionnement en coopérative permet de faire face aux fluctuations des prix du café soumis à la spéculation et, surtout, de dynamiser l’économie locale. Situé dans le zoning industriel de Sorinnes (Dinant), Café Chorti peut compter sur un réseau de plus d’une centaine de points de vente et de nombreux partenaires.

Plus d’infos : NewB : https://newb.coop/fr - Vin de Liège : http://www.vindeliege.be - Café Chorti : http://www.chorti.be

ENVIRONNEMENT

Vers la transition énergétique

En vue des prochaines élections du 25 mai, la Fédération Inter-environnement Wallonie (IEW) et l’Association pour la Promotion des Energies Renouvelables (APERE) ont présenté leurs revendications en matière de politique régionale.

La Fédération IEW regroupe 150 ONG et associations actives dans la préservation de l’environnement et la promotion du développement durable. Elle fait du développement d’une économie moins consommatrice de ressources une priorité, avec pour objectifs la réduction de la pression sur l’environnement et la création d’emplois durables.

Dans son mémorandum, la Fédération plaide pour inscrire la lutte contre les changements climatiques et la préservation des ressources au cœur du futur Plan Marshall. Elle énumère une quarantaine d’enjeux en matière de politique régionale, parmi lesquels 10 priorités sont pointées.
En matière de fiscalité, IEW plaide pour une réforme, de manière à diminuer le coût du travail et de taxer les comportements polluants. Elle plaide pour le développement d’alternatives à la voiture individuelle, passant par l’augmentation de la taxe de circulation afin de modifier les comportements des utilisateurs. Tendre vers un approvisionnement énergétique 100 % renouvelable d’ici 2050, soutenir les circuits courts ou encore renforcer la protection de la biodiversité figurent parmi les principales revendications soumises aux partis francophones.

L’APERE milite pour l’application d’un cadre assurant la transition énergétique au bénéfice de l’ensemble des citoyens. Elle prône l’utilisation exclusive d’énergies renouvelables permettant de développer un système énergétique moins dévastateur de la planète et plus juste pour l’humanité.

La Fédération appelle à renforcer la performance énergétique des bâtiments (PEB) dans les constructions neuves et en rénovation. Elle propose d’assurer la mise en place de la tarification progressive de l’énergie, afin d’inciter les consommateurs à économiser davantage. Autre demande, l’application d’une taxe énergie/CO2 à la consommation d’énergie non renouvelable. Enfin, elle suggère d’inclure l’éducation à l’énergie dans les programmes scolaires.

L’APERE soutient également la mise en place de mesures ciblant les filières renouvelables que sont l’éolien (sécuriser le cadre juridique autour de l’octroi de permis), la biomasse, la géothermie, le photovoltaïque et les pompes à chaleur.

Plus d’infos : Fédération IEW : accédez au mémorandum– APERE : Accédez au mémorandum

CULTURE ET SANTE

Les fédérations interpellent le politique

D’autres fédérations ont publié leur mémorandum pour interpeller les différents partis politiques. Parmi elles, Smart, l’association professionnelle des métiers de la création, et la fédération des maisons médicales.

Voici plus de 15 ans que SMart se bat aux côtés des acteurs de la création pour améliorer la condition de travail des artistes et leur offrir un cadre juridique plus sûr. La crise économique frappe de plein fouet le secteur culturel, confronté à une incertitude croissante et à la précarité des conditions de travail dans un contexte de plus en plus concurrentiel. A travers son mémorandum, SMart souhaite voir se renforcer l’autonomie des artistes et de l’ensemble des personnes actives dans le champ des métiers de la création. Il s’agit aussi d’améliorer l’applicabilité des mesures de protection sociale au regard des réalités professionnelle du secteur artistique et créatif afin que chacun puisse en bénéficier.

L’Association en appelle à la solidarité entre artistes pour trouver de nouvelles sources de financement, notamment via une redistribution des droits d’auteurs plus favorable à la jeune création. Elle plaide aussi pour le développement de mécanismes de coopération favorisant la mutualisation des ressources et des infrastructures de travail.

« Il faut lutter contre la marchandisation des soins de santé  », tel est le message que les maisons médicales souhaitent adresser au monde politique. Les maisons médicales sont des associations autogérées, composées d’équipes pluridisciplinaires dispensant des soins de première ligne, se voulant proches de la population.

La Fédération avance 10 propositions pour passer d’une société basée sur le modèle capitaliste vers une société plus équitable et solidaire. Elle rappelle qu’il est essentiel de développer une sécurité sociale universelle, non-marchande, avec des services de qualité, s’adressant à tous. Si l’on veut réellement améliorer l’état de santé de la population, c’est sur les conditions de vie qu’il faut agir en priorité (habitat, environnement, enseignement).

La population doit pouvoir participer à l’élaboration des politiques de santé. Le gouvernement devrait davantage encourager la participation citoyenne en vue d’améliorer son bien-être. L’offre de soin doit être mieux répartie sur l’ensemble du territoire, certaines localités étant beaucoup mieux fournies que d’autres. En raison du vieillissement de la population et de l’augmentation des besoins dans les années à venir, la Fédération plaide pour le renforcement des soins de première ligne. La pénurie de soignants est réelle et il faut à tout prix renforcer l’attractivité du métier.

Plus d’infos : Accédez au mémorandum de Smart - Accédez au mémorandum de la fédération des maisons médicales

Une newsletter publiée par SAW-B avec le soutien de la Wallonie