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Novembre 2016 - n°134

Actu des entreprises

Ouverture du premier point de vente Coopéco

Un supermarché participatif et coopératif à Charleroi

Coopéco est un projet de supermarché participatif et coopératif voulant mettre en avant des produits éthiques, de saison et issus de circuits courts et d’entreprises à finalité sociale. L’entreprise repose sur un concept original : ses clients sont des « coopérateurs » ayant acheté une part dans l’entreprise (au prix de 25 €) et s’investissant au moins 3h par mois dans la structure.

Inspiré par d’autres modèles du secteur, comme Park Slope Food à New-York ou BEES coop, supermarché coopératif bruxellois ayant déposé ses statuts le 16 janvier 2016, Coopéco était en gestation depuis 2014. En 2015, un premier « groupement d’achat » en ligne réunit 50 membres. L’organisation se développe rapidement pour atteindre 300 membres en octobre 2016. Une étape importante a été franchie avec l’ouverture le samedi 8 octobre dernier d’un premier magasin-test à Marchienne-au-Pont, sur le site de l’ASBL Avanti (association active dans le domaine de l’insertion socio-professionnelle). Actuellement association de fait, Coopéco devrait se constituer en société coopérative à responsabilité limitée et à finalité sociale (SCRL FS) d’ici la fin 2016.

Le mode de fonctionnement coopératif de la structure permet aussi bien d’offrir des produits à prix abordables que de tisser des liens au sein de la communauté de clients/coopérateurs. En plus de donner accès aux produits proposés par le magasin, le statut de coopérateur permet en effet de participer aux assemblées générales que d’intégrer les « Caddies ». Ces groupes de travail ont pour but de faire évoluer le projet en réunissant les membres autour de thématiques et de diverses tâches liées au fonctionnement de l’organisation : réalisation d’un plan financier (Caddie Finance), recherche de producteurs et de grossistes (Caddie Approvisionnement/Magasin), réflexion sur les valeurs et le sens à donner aux activités de la structure (Caddie Valeurs).

L’inauguration du magasin-test de Marchienne-au-Pont s’est déroulée dans une ambiance festive en présence de tous les collaborateurs de la future coopérative. L’occasion pour Coopéco de se faire connaître du public et d’accueillir de nouveaux membres/clients. Ce premier point de vente est pour l’instant ouvert à raison de 2 jours par semaine mais le joli succès connu par l’entreprise pourrait faire rapidement évoluer son activité.

Plus d’infos : Coopéco, rue de l’Abattoir, 12 - 6030 Marchienne-au-Pont, ouvert les vendredi et samedi, de 13H à 19H – Vidéo de l’ouvertureInterviewsur Télésambre pour présenter le projet (janvier 2016)

Restaurons la Terre

Crowdfounding commun aux Compagnons de la Terre et Autre Terre

La coopérative Les Compagnons de la Terre et l’ONG Autre Terre ont des activités bien distinctes : production maraichère pour la première, solidarité internationale et coopération au développement pour la seconde. Cependant, elles partagent une même finalité, restaurer les terres et y développer une agriculture durable et solidaire.

En octobre, elles ont décidé d’unir leurs forces pour mener un projet commun de crowdfunding. L’objectif : récolter 12 000€ d’ici le 15 novembre 2016 pour planter des arbres en Belgique et au Burkina Faso et développer l’agroforesterie. Aussi éloignés soient-ils, les deux pays ont en effet des problématiques qui les rapprochent : en Belgique les terres se sont appauvries, les haies ont été arrachées et les vieux vergers s’éteignent tandis qu’au Burkina Faso, les bocages ont disparu, les terres s’érodent et le désert avance.

En agroforesterie, arbres et arbustes sont plantés sur des portions de terrain exploitées pour l’agriculture ou l’élevage. Cela permet d’améliorer la qualité des sols (augmentation du taux d’humus, stabilité accrue, etc.) et de développer une agriculture vivrière profitant tant aux agriculteurs qu’aux populations locales.

Plus d’infos : crowdfunding Restaurons la Terre – Reportage RTC

Eolien wallon

Plus de soutien politique pour les coopératives citoyennes !

Les coopératives citoyennes jouent un rôle-clé dans la transition énergétique et elles entendent bien le rappeler aux acteurs politiques !

Ensemble elles possèdent 12,2 MW installés (bientôt 21 MW). En 2015, elles ont produit plus de 26 millions de kWh, de quoi alimenter en électricité environ 8000 ménages. Outre leur apport dans la lutte contre le réchauffement climatique, les éoliennes citoyennes représentent aussi un intérêt pour l’économie wallonne. Elles réunissent déjà 7000 coopérateurs et ont rassemblé plus de 9 millions € de capital.

Pourtant, leur développement est freiné. Bon nombre de projets sont bloqués au Conseil d’Etat. D’autres peinent à démarrer, confrontées à la crainte des communes ou à des promoteurs industriels qui veulent se réserver le marché. Pourtant, le cadre de référence pour l’éolien en Wallonie recommande la participation des citoyens à hauteur d’au moins 24,99 % des parcs éoliens. REScoop-Wallonie, fédération des coopératives énergétiques, déplore que le cadre de référence se contente de recommander sans contraindre et ne donne pas de règles claires pour mettre en œuvre ses recommandations.

Alors qu’avait lieu le sommet wallon pour le climat ces 26 et 27 octobre, REScoop-Wallonie interpelle le Gouvernement wallon qui prépare un nouveau décret éolien. Celui-ci doit impérativement assurer une sécurité juridique à la participation citoyenne indépendante dans la production d’énergie éolienne en Wallonie.

Plus d’infos : www.rescoop-wallonie.be

Moratoire pour les maisons médicales ?

Mauvais calcul !

Les mesures prises par le Gouvernement fédéral lors de l’élaboration du budget 2017 écorchent notamment les maisons médicales. Maggie De Block, Ministre de la Santé, prévoit d’évaluer le secteur et de geler son développement par un moratoire sur la création de nouvelles maisons médicales.

La Fédération des Maisons Médicales salue l’intérêt d’une démarche d’analyse du secteur. Par contre, elle s’insurge contre le moratoire dont elle ne voit pas l’utilité.
Les Maisons Médicales offrent une médecine forfaitaire : les patients sont inscrits dans une maison médicale et se soignent exclusivement là (médecin généraliste, kiné, infirmière, …) sans débourser, tandis que la maison médicale reçoit un forfait de l’INAMI par patient inscrit.

Stopper le développement des maisons médicales pour grapiller 7 millions d’économie (pour un budget qui fédéral qui demande un « effort » de 3 milliards) constitue une erreur. Les soins devront quand même être assurés (par la médecine « traditionnelle », à l’acte, plutôt que par la médecine au forfait des maisons médicales).
Un message que ne manquera pas de marteler la Fédération des Maisons Médicales lors de la manifestation du non-marchand prévue ce 24 novembre 2016.

Plus d’infos : communiqué de presse de la Fédération des Maisons Médicales – Personne de contact : Christophe Cocu, secrétaire Général Fédération des maisons médicales, 0477 381 669 ou christophe.cocu@fmm.be

Réforme de la fonction consultative

Et si on s’inspirait d’autres pratiques ?

Depuis un an et demi, une réforme de la fonction consultative se prépare (voir notamment ES infos n°120 de juin 2015 et n°126 de février 2016). Pour plus d’harmonie et de rationalité, il est proposé de considérer le CESW (conseil économique et social wallon) comme une structure faitière, unique porte d’entrée pour les demandes d’avis. Le CESW assurerait le secrétariat de huit pôles mono-thématiques (politique scientifique, mobilité, action sociale & intégration, environnement) ou pluri-thématiques (aménagement du territoire & patrimoine ; secteurs économiques spécifiques ; ruralité, nature, chasse, pêche ; énergie & logement). Le Conseil wallon de l’économie sociale (CWES) intègrerait le pôle « secteurs économiques spécifiques ».

Bon nombre d’associations protestent contre cette proposition qui cumule plusieurs faiblesses. D’abord, seuls les représentants des employeurs et des travailleurs siègent au sein de la structure faitière. Ensuite, si la société civile (plus particulièrement l’économie sociale et les associations environnementales) est intégrées dans certains pôles (environnement ; secteurs économiques spécifiques), certaines thématiques (économie, emploi, industrie et finances) restent de la compétence exclusive des interlocuteurs sociaux classiques. Enfin, on pointe aussi une diminution des moyens mis à disposition pour organiser cette concertation.

Pour nourrir le débat et proposer des exemples inspirants, ConcertES et InterEnvironnement Wallonie (IEW) ont organisé un séminaire de travail ce 17 octobre. Autour de la table, un exemple français et un européen qui démontrent qu’il est possible d’organiser un dialogue constructif entre employeurs, travailleurs et société civile élargie pour remettre des avis plus riches et plus complets au pouvoir politique. En ont témoigné des représentants de la CDT comme du Medef et d’une association, qui tous trois siègent au sein du Conseil économique, social et environnemental français. L’exemple du CESE européen a également été éclairant à ce sujet.

Le décret est déjà passé en troisième lecture au Gouvernement wallon, c’est à présent au Parlement de se pencher sur le texte et de prêter attention aux propositions alternatives de la société civile.

Plus d’infos : 6 brèves vidéos résument le séminaire de travail et sont disponibles en ligne – Personnes de contact : Sébastien Pereau, secrétaire général de ConcertES, sebastien@concertes.be et Christophe Schoune, secrétaire général d’IEW, c.schoune@iew.be

Une newsletter publiée par SAW-B avec le soutien de la Wallonie